La carte fish-eye pour le projet de la ville de Sendai au Japon : Échelles imbriquées, espaces communs et représentations partagées

Armelle LE MOUËLLIC

RÉSUMÉ DE L’ARTICLE : Dans les années 1970, le « Comité des développeurs de Sendai » a été créé par la municipalité de Sendai et réunissait le gouvernement central, le secteur privé et des universitaires. Ce comité a développé un vaste plan pour la ville, appelé « la forme idéale de Sendai ; la ville des arbres : une proposition pour son avenir ». Yoshihiko Sasaki (professeur d’architecture à l’Université de Tohoku) et Yoshizaka Takamasa (professeur d’architecture à l’Université Waseda de Tokyo) ont une pour mission de créer une image pour la ville, autour d’un concept intelligible par tous. Le projet et notamment le rapport final ont été largement documentés et commentés par les professionnels de la planification urbaine au Japon. Nous nous attacherons dans cet article à analyser le type de représentation utilisé et plus spécifiquement les cartes fish-eye. Un large panel d’illustrations peut être trouvé dans le rapport final de ce projet : de cartes à l’échelle de la région de Sendai à des situations urbaines très détaillées. La carte fish-eye est une distorsion spécifique de la carte qui combine trois cartes de différentes échelles : le voisinage, la ville et le grand paysage. Le renouvellement de la carte traditionnelle ouvre des voies à une pensée nouvelle de la ville. Car au-delà de la pensée des relations entre les différentes échelles, c’est aussi la prise en compte que chaque acteur a sa propre représentation de l’espace. Ces cartes deviennent alors un espace commun de discussion entre les habitants, les associations et la municipalité.

Nous pensons notamment que ces représentations, en permettant de faire cohabiter plusieurs échelles, sont une réponse à la discontinuité inhérente du projet urbain. Nous nous demanderons si elles ne préfigurent pas des représentations permises par les nouvelles technologies.

À travers l’analyse de ce projet, c’est aussi le début de la pratique de machizukuri (approche bottom-up dans le projet urbain japonais, devenu populaire dans les années 1990) que l’on peut décrypter. Elle prend forme par la création d’une «plateforme » : un espace et un temps consacré aux discussions entre différents types d’acteurs. Cette plateforme est aussi le lieu de la collaboration entre l’université, les associations locales et la municipalité. Ce type de « plateforme » permet la reconnaissance des ressources locales et l’importance des relations entre la morphologie urbaine et le paysage. Les cartes Fisheye sont encore aujourd’hui utilisées comme images pour les processus de reconstruction après le tsunami de mars 2011 sur les côtes de la région du Tohoku (dont Sendai est la capitale).

Pour lire l'article complet en anglais, cliquez sur le lien ci-dessous :
La carte fish-eye pour le projet de la ville de Sendai au Japon : Échelles imbriquées, espaces communs et représentations partagées

Armelle LE MOUËLLIC

Architecte DE, docteur en architecture Université Grenoble-Alpes, chercheuse associée au laboratoire MHAevt (ENSAG)
alemouellic@gmail.com

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