Entretien

Andrea VALLE

Tout d’abord, il faut s’entendre sur les termes utilisés. Qu’est-ce qu’un « gestenumérique » ? Si le substantif est strictement lié à la dimension de la corporéité, l’adjectif en revanche concerne un problème de codage de l’information. Il s’ensuit que le geste numérique est une représentation symbolique du geste, un geste médié et donc affaibli car il est déplacé d’un régime pragmatique à un régime cognitif. Si cela était bien le cas, ce geste de deuxième ordre serait voué à perdre tout caractère spécifique jusqu’au point de disparaître dans la masse des représentations. Bien que dès l’origine différent par rapport à la parole et à l’image, le geste pourrait se rapprocher de ces dernières en raison du format adopté. Par définition, aucun codage du geste ne peut éviter de mobiliser une théorie du geste : qu’est-ce qu’on doit préserver et qu’est-ce qu’il faut en revanche éliminer de la densité analogique du geste dès qu’on le digitalise en vue d’une eprésentation numérique ? Ou bien, de manière symétrique, qu’est-ce que l’on doit considérer comme élément pertinent dans la production ex nihilo d’un geste numérique ?

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Andrea VALLE

Université de Turin

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